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traditions-patrimoine:nice:santa-capelina

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traditions-patrimoine:nice:santa-capelina [06 May 2022 :: 16:30]
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traditions-patrimoine:nice:santa-capelina [06 May 2022 :: 16:31] (Version actuelle)
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 Pour la Santa Capelina comme pour les autres manifestations, c'est le caractère volontairement inventé et « délirant » de ces activités festives — comme le fait d'organiser des championnats du monde à partir de pratiques locales comme le //pilo//((Le //pilo// (ou pilou) est un jeu de rue et de cours d'école qui se pratique dans la région depuis la guerre ou l'immédiat après-guerre. Le pilou est une sorte de volant réalisé à partir d'une ancienne pièce de monnaie trouée et d'un bout de papier. On y joue au pied et, de préférence, par équipes de deux contre deux. Relancé en 1987 avec la création d'un « Championnat du monde », il se veut être un des symboles de l'identité niçoise.)), voire totalement dérisoires comme le lancé de //pahlasso//((Depuis plusieurs années, le premier dimanche de février est consacré au //festin dei Palhassos// qui ouvre la période carnavalesque. Cette tradition inventée — et revendiquée comme telle — s'appuie sur une pratique ancienne que les historiens locaux font remonter à l'époque médiévale et qui consistait à faire sauter un mannequin de paille sur un drap tendu par les pêcheurs du Vieux -Nice. Le pahlasso symbolisait les notables de la ville dont on se vengeait avec humour. Mais, contrairement aux pratiques d'antan, le //festin dei Palhasso// se présente sous la forme d'une compétition qui se déroule dans le quartier de Saint -Roch — le « championnat du monde de lancé de pahlasso » — et qui consiste, selon l'expression consacrée, à « propulser le plus loin possible le pahlasso qui est en nous »)) — qui est mis en scène par les participants de manière à bien marquer leurs distances avec les initiatives municipales ou associatives de relance des traditions, souvent soutenues et encouragées par les érudits et ethnologues locaux. Et le fait qu'elles aient été imaginées de toutes pièces n'empêche pas leurs concepteurs de les concevoir et de les définir précisément comme des « traditions » qui contrastent avec l'inauthenticité d'un monde livré à l'empire de la marchandise. En jouant sur le caractère inventé des traditions, ils dénoncent et tournent en dérision à la fois ceux qui militent pour la sauvegarde du folklore local et ceux qui visent à relancer et à mettre en scène des traditions pour construire une « localité » touristique mondialisée. Pour la Santa Capelina comme pour les autres manifestations, c'est le caractère volontairement inventé et « délirant » de ces activités festives — comme le fait d'organiser des championnats du monde à partir de pratiques locales comme le //pilo//((Le //pilo// (ou pilou) est un jeu de rue et de cours d'école qui se pratique dans la région depuis la guerre ou l'immédiat après-guerre. Le pilou est une sorte de volant réalisé à partir d'une ancienne pièce de monnaie trouée et d'un bout de papier. On y joue au pied et, de préférence, par équipes de deux contre deux. Relancé en 1987 avec la création d'un « Championnat du monde », il se veut être un des symboles de l'identité niçoise.)), voire totalement dérisoires comme le lancé de //pahlasso//((Depuis plusieurs années, le premier dimanche de février est consacré au //festin dei Palhassos// qui ouvre la période carnavalesque. Cette tradition inventée — et revendiquée comme telle — s'appuie sur une pratique ancienne que les historiens locaux font remonter à l'époque médiévale et qui consistait à faire sauter un mannequin de paille sur un drap tendu par les pêcheurs du Vieux -Nice. Le pahlasso symbolisait les notables de la ville dont on se vengeait avec humour. Mais, contrairement aux pratiques d'antan, le //festin dei Palhasso// se présente sous la forme d'une compétition qui se déroule dans le quartier de Saint -Roch — le « championnat du monde de lancé de pahlasso » — et qui consiste, selon l'expression consacrée, à « propulser le plus loin possible le pahlasso qui est en nous »)) — qui est mis en scène par les participants de manière à bien marquer leurs distances avec les initiatives municipales ou associatives de relance des traditions, souvent soutenues et encouragées par les érudits et ethnologues locaux. Et le fait qu'elles aient été imaginées de toutes pièces n'empêche pas leurs concepteurs de les concevoir et de les définir précisément comme des « traditions » qui contrastent avec l'inauthenticité d'un monde livré à l'empire de la marchandise. En jouant sur le caractère inventé des traditions, ils dénoncent et tournent en dérision à la fois ceux qui militent pour la sauvegarde du folklore local et ceux qui visent à relancer et à mettre en scène des traditions pour construire une « localité » touristique mondialisée.
  
-Sources : [[https://www.cairn.info/revue-vacarme-2004-3-page-20.htm]] - [[http://mouais.org/ce-1er-mai-viva-lou-santa-capelina-viva-lou-pantai/]] +(( Sources : [[https://www.cairn.info/revue-vacarme-2004-3-page-20.htm]] - [[http://mouais.org/ce-1er-mai-viva-lou-santa-capelina-viva-lou-pantai/]] ))
  
traditions-patrimoine/nice/santa-capelina.txt · Dernière modification: 06 May 2022 :: 16:31 de CgX